André Noirot un génie de la mécanique

André Noirot, un génie de la mécanique ancienne.

 

Rencontre avec un mécanicien magicien pour qui rien n’est impossible. Il a fait revivre un moteur rotatif « Le Rhône 9C » de 1912 qui équipait les avions de combat de la première guerre mondiale.

 

Lorsque l’on pénètre dans son antre aux Essarts, c’est un peu comme si l’on rentrait chez Merlin l’enchanteur à une différence près, ce ne sont pas des fioles de potions diverses qui sont soigneusement rangées sur des étagères, mais des centaines de clés de toutes tailles en pouces ou en système métrique parfaitement accrochés par tailles à portée de main. Au milieu d’une pièce, à l’odeur et la couleur des ateliers de ces passionnés de mécanique, trône une véritable œuvre d’art dans une magnifique livrée comme à l’heure de sa sortie d’usine, un moteur rotatif d’avion Rhône de 1912 en parfait état de marche.

Un peu d’histoire mécanique :

C’est à partir d’une invention de Félix Millet en 1888, le moteur rotatif, que les frères Laurent et Louis Séguin sous la marque Gnôme (1905) puis associés ensuite avec Louis Verdet et sa société Le Rhône mettent au point ce moteur rotatif qui équipera les avions de combat de la grande guerre. Au cours de ce conflit, ce type de moteurs fut produit à des dizaines de milliers d'exemplaires et équipait en grand nombre les avions des deux camps avec des puissances de plus de 100 cv pour un poids inférieur à 150 kg.

Les moteurs usuels sont lourds. Le principe du moteur rotatif est la lutte contre le poids. C'est le vilebrequin qui est fixé sur l'avion et l'hélice est attachée directement sur le corps, rotatif, du moteur. Il en résulte un gain de poids par deux effets. La rotation des cylindres produit un important courant d'air autour des cylindres, ce qui permet d'augmenter le refroidissement et de se passer de dispositifs de refroidissement supplémentaires. Un principe qui permet aussi la suppression du volant d'inertie car le corps rotatif (cylindres) constitue une masse d'inertie, beaucoup plus massive qu'un volant-type.

Trois mois de travail.

C’est au fond de l’atelier de son ami Paul Panier que ce moteur attendait depuis quarante ans la mort et son départ pour la ferraille. Pas question de cette fin tragique pour ces deux amoureux de mécanique ancienne qui, devant ce moteur étrange, sans documentation, en l’étudiant, décidaient de le remettre en état et s’attelaient à la tâche, passant de longues heures, de jour comme de nuit, à le démonter, pièce par pièce, quelquefois en fabricant les outils nécessaires avec une minutie digne de l’horlogerie, puis à remonter ce superbe moteur en refaisant à l’identique les pièces manquantes pour arriver à ce magnifique résultat. Un moteur très rare et en parfait état de marche que les amateurs pourront voir au fil des manifestations auxquelles ils participent régulièrement.

Les 19 et 20 septembre, pour l’édition 2015 de « Mémoires de Kiva » il était présent comme d’habitude, entouré de superbes mécaniques qui avaient retrouvé la vie entre ses mains pour le plus grand plaisir de milliers de visiteurs.

 

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